La chélidoine (ch se prononce k) ou grande chélidoine (Chelidonium majus L) est une plante vivace de la famille des Papavéracées et la seule espèce du genre Chelidonium. On l'appelle aussi herbe aux verrues, car son latex jaune-orange passe pour éliminer les verrues. Son nom vient du grec khelidôn qui signifie hirondelle et majus pour grand.
Autres noms communs : Chélidoine majeure, grande éclaire, herbe aux boucs, herbe de l'hirondelle, herbe de Sainte-Claire, sologne, félongène, felougne.
Cette vivace très rustique de 20 à 80 cm a un feuillage découpé, d’odeur assez désagréable, dont toutes les parties laissent s’écouler à la cassure un suc jaune orangé caractéristique. La tige est dressée, rameuse, fragile, velue. Les feuilles sont alternes, amples, molles, composées de 5-7 segments ovales bordés de lobes arrondis, à divisions se rejoignant plus ou moins par le limbe à leur base, d’un vert glauque en dessous. Les fleurs sont petites, à 4 pétales jaunes rapidement caducs et à étamines nombreuses, réunies en ombelles simples, lâches, à pédoncules inégaux. La floraison à lieu d’avril à octobre. Les fruits sont des siliques de 3-4 cm de longueur, glabres, bosselées par les graines, sans cloison interne.
La chélidoine fraîche contient 1 % d'alcaloïdes (le plus important est la chélidonine) associés à des acides organiques, à une essence aromatique peu abondante et à un pigment jaune, la chélidoxanthine. Les alcaloïdes ont une action dépressive sur le système nerveux central, puis narcotique. Ils sont, par ailleurs, puissamment bactéricides. L'ingestion du suc non dilué ou de toute préparation médicinale de plante fraîche à dose excessive entraîne des accidents nerveux et de graves irritations viscérales.
Propriétés médicinales :
* la chélidoine possède un passé glorieux, elle fut longtemps considérée comme une panacée capable donc de guérir tous les maux. Par exemple, en vertu de la théorie des signatures elle était toute indiquée pour soigner les problèmes biliaires et les maladies de foie puisque son suc ressemble à la bile. De nos jours, on lui reconnaît toujours une action bénéfique sur l'élimination biliaire, la goutte et les rhumatismes.
* Antispasmodique.
* Sédative (pour les douleurs des intestins et de la vésicule biliaire).
* Action sur la circulation sanguine (agrandissement du calibre des coronaires et augmentation de la tension artérielle).
* Bactéricide (tueuse de bactéries).
Légendes et traditions :
La chélidoine était autrefois utilisée comme plante de culture pour ses diverses propriétés médicinales. Elle servait également comme colorant pour teinter les tissus. Son latex entrait dans la composition de la pierre philosophale... Selon d'anciennes croyances, les hirondelles frotteraient les yeux de leurs petits avec un brin de chélidoine pour les guérir de la cécité. On dit aussi que la plante fleurit au moment où les hirondelles arrivent et se fâne au moment où elles repartent.
Tout le monde connaît l'emploi du suc de chélidoine sur les verrues: on y dépose, 2 ou 3 fois par jour, la goutte qui sourd d'une tige cassée. C'est efficace. Pour prévenir l'inflammation, sinon l'ulcération, il faut éviter de toucher aux tissus sains. Les durillons et les cors peuvent être traités de la même manière. J'ai testé pour vous avec des verrues plantaires : ça marche !
En collyre, comme anti-opbtalmique, la chélidoine mérite-t-elle son nom de "grande esclaire" ? Vantée autrefois pour soigner les maux d'yeux les plus divers et pour "éclaircir la vue", la plante s'avère, une nouvelle fois, très active. On a mis à profit son infusion légère ou le suc très étendu d'eau (au moins vingt-cinq fois son volume) dans les ophtalmies chroniques, les ulcères des paupières, les blépharites, les conjonctivites et même contre les taies de la cornée.
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